Mercedes-Benz Typ „Großer Mercedes“ (W 150) 1938-1943

02 mai 2017

Sommaire

Bonjour à tous

Ce blog commence à devenir très dense, même s'il manque encore beaucoup de choses. Et donc, pas facile de s'y retrouver.

Voici donc le plan général du blog et il vous suffit de cliquer sur le lien pour aller à la page qui vous intéresse

Bien à vous tous

Introduction

- La marque Mercedes

- Les "grandes" Mercedes

La 770 w150

- génèse : de la w07 à la w150

- les concepteurs

- l'atelier de production

- la production

- les prix

- catalogue, dossier de presse et note interne pour l'IAA 1939 à Berlin

- l'IAA de 1939 à Berlin

 

 

Les différentes carrosseries

- Offener Tourenwagen

- Offener Tourenwagen Police

- Innenlenker Limousine

- Cabriolet D

- Cabriolet F

Terminologie

- La bonne appelation

Les survivantes

Offener Tourenwagen

- Hitler saisie par la 2ème DB à Berchtesgaden en avril 1945 (Musée Henri Malartre, Rochetaillée sur Saône, France)

- Chancellerie (Auto & Technik Museum, Sinsheim, Bade-Wurtenberg, Allemagne

- Ribbentrop (Auto & Technik Museum, Sinsheim, Bade-Wurtenberg, Allemagne)

- Maréchal Mannerheim (Musée canadien de la Guerre, Ottawa, Canada) à venir

       -voir aussi ( à fusionner)

- Chancellerie du Reich (présumée IA-148768, collection privée, propriétaire inconnu, Russie)

- Ante Pavelic (Muzey tekhniki Vadima Zadorozhnogo, Moscou, russie)

- Von Falkenhorst puis Roi de Norvège (Collection Bob Bahre, Paris Hill, Maine, USA)

Propriétaire et lieu de détention inconnus

- Dernière produite (propriétaire et lieu de détention inconnus)

- Roi Abdallah 1er de Jordanie

- Collection Uday Hussein, Irak (origine inconnue)

Pullman Limousine

- Hitler IA-148696 (Z96 501)saisie par la 2ème Db à Berchtesgaden en avril 1945 (en collection privée aux USA)

- Propriétaire inconnu (Collection Schlumf, Cité de l'automobile, Mulhouse, France)

- Franco (Caserne de la Garde royale, Palais du Pardo, Madrid, Espagne)

- Russie (collection privée, propriétaire inconnu)

      XXX  voir aussi peut être à fusionner

- Propriétaire, lieu de détention et origine inconnue (Goebbels?)

- Ismet Inönü (collection privée, USA)

- AUTRES PHOTOS ISMETà intégrer puis supprimmer ce lien

- Propriétaire et lieu de détention inconnus (en restauration chez Fahrzeugrestaurierung Rosenow)

Innenlenker Limousine

- Supposée détenue par Daimler-Benz AG

- Muzey tekhniki Vadima Zadorozhnogo, Moscou, Russie.

    XXXX      voir aussi (peut être à fusionner)

- Himmler (Auto & Technik Museum, Sinsheim, Bade-Wurtenberg, Allemagne)

- Immatriculation RK1 (propriétaire et lieu de détention inconnu, Russie?)

- Russie (propriétaire et lieu de détention inconnus)

- Franco (Parque y Centro de Mantenimiento de Vehículos Ruedas nº 1) de Torrejon de Ardoz (Province de Madrid), Espagne)

Cabriolet B

- Shah d'Iran (Collection privée, USA)

Cabriolet D

- Professeur Heinkel (Collection Schlumf, Cité de l'Automobile, Mulhouse, France)

Cabriolet F

- Gustav Krupp (Collection privée, Allemagne?)

Cabriolet F recarossé

- Emil Hacha, Cabriolet F recarossé par Karosa (Narodni Technicke Museum, Prague, République tchèque)

Incertitude sur le type de carrosserie

- Offener Tourenwagen ou Cabriolet F (Collection privée, Ukraine, propriétaire inconnu)

- Offener Tourenwagen ou Cabriolet F (Wheatcroft Collection, Leicester, Leicestershire, East Midlands, Grande-Bretagne)

La collection Ralph Engelstad

- L'Imperial Palace (Las Vegas, Nevada, USA)

- Dispersion de la collection

Les présumées survivantes,disparues mais susceptibles de ré-apparaitre

Offener Tourenwagen

- Hitler IIB-215190

- Hitler IA-148485

- Berstechgaden 101 st Airborne

- Arthur Seyss-Inquart puis Cour des Pays Bas

- Berstechgaden, véhicule saisi par l'armée française en avril 1945

Cabriolet D

- Goering IA-125521

Pullman Limousine

- Erich Koch puis Charles Tillon

- Chancellerie IA-148699

Innenlenker Limousine

- Quisling

Les voitures assurément détruites 

Offener Tourenwagen

- Chancellerie (restes retrouvés au bord de la Vistule)

Vidéos

- Trois 770 conservées au Musée de Sinsheim

Divers

- Berghof : le garage des 770

- Phare Notek

Annexes

Informations techniques Daimler-Benz AG

- Nomenclature des appellations de carrosserie

Bibliographie 770 w150

- Ouvrages de Jan Melin

Journeaux et périodiques consacrés à l'univers Mercedes

- Etoiles passion (Les Mercedes d'hier et d'aujourd'hui) France

Journeaux et périodiques consacrés à l'automobiles ancienne en général

 

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30 avril 2017

Les survivantes: Offener Tourenwagen du dictateur croate (Le "Poglavnik") Ante Pavelic

Parmi toutes les 770 w150 produites, l'une d'elle aura connu un extraordinaire destin...

 Début 2017, nous sommes dans la banlieue de Moscou. Depuis la rue, un escalier raide mène au sous-sol. Là, dans une grande salle, impeccablement rangées, une multitude de pièces de rechange, et une dizaine d'ouvriers qui s'affairent à redonner vie à de nombreuses voitures d'un autre temps. Certaines sont à elles seules des légendes, indépendamment de l'identité de leurs anciens propriétaires.D'autres tirent leur renommée de ceux pour lesquelles elles ont été concues. Tel est le cas de celle-ci, une 770 w150, qui n'est autre que celle d'un certain Ante Pavelic.

Ante Pavelić (14 juillet 1889 – 28 décembre 1959) était un homme politique croate. Fondateur du mouvement nationaliste croate des Oustachis (Ustaše), il fut le dirigeant de l’État indépendant de Croatie (Nezavisna Država Hrvatska, NDH) pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il s’engage en politique au sein du Parti croate du Droit, un mAnte_Pavelićouvement nationaliste partisan de l’indépendance de la Croatie. Élu député en 1927, il est contraint à l’exil en 1929 lors de l’avènement du roi Alexandre Ier. À Rome où il s'installe, il fonde le parti des Oustachis en collaboration avec les membres de la faction dure du Parti croate du Droit, exilés comme lui. Le groupe s'inspire des méthodes et reçoit les conseils de l'ORIM, avec lequel il organise l'assassinat d'Alexandre Ier,  le 9 octobre 1934 à Marseille.

Après l'Invasion de la Yougoslavie par les forces de l’Axe, Pavelić devient le dirigeant de l’État indépendant de Croatie. Le régime en place persécute et assassine 35 000 Juifs, entre 172 000 et 290 000 Serbes et 25 000 Tziganes, ainsi que les opposants croates (notamment communistes). Après avoir promulgué des lois anti-juives, Pavelić crée le camp de concentration de Jasenovac. En 1945, Pavelić s’enfuit et se réfugie en Autriche, puis à Rome, avant de s’installer en Argentine. En 1957, il est blessé lors de deux tentatives d’assassinat, vraisemblablement commanditées par les services secrets yougoslaves. Il se réfugie alors à Madrid, où il meurt en 1959.

 

 

Le sort de sa voiture peut sembler fantastique. Elle a traversé la moitié du monde de l'Allemagne à l'Ouzbékistan, jusqu'aux années 2000 où elle a rejoint le  Musée de la Technologie fondé par Vadim Zadorozhnogo.

Remontons à nouveau le temps

Vendredi 6 juin 1941. Une 770 Offener Tourenwagen de la Chancellerie du Reich gravit la pente qui mène au Berghof, la résidence de Hitler en Haute-Bavière, à Berstechgaden au sud de Salzbourg et au sud-est de Munich, près de la frontière autrichienne...

("Deutsche Wochenschau" n°562 du 11 juin 1941)

A son bord, Mladen Lorkovic, Secrétaire aux Affaires étrangères croate, Andrija Artukovic Ministre de l'Intérieur du NDH et le"Poglavnik"Ante Pavelic. Ceux-ci viennent discuter avec le Führer accompagné du Ministre des Affaires Etrangères Joachim Von Ribbentrop et du Maréchal Hermann Goering.

Nul doute que sur le chemin, le croate n'ait été impressionné par une si somptueuse et imposante voiture.

Pour Hitler, Ante Pavelic est plus qu'un allié et un qu'un collaborateur. Il partage pleinement l'idéologie hitlérienne et parmi tous les dirigeants qui se mirent volontairement au service du maître de l'Allemagne, aucun ne sera plus fidèle et soumis. Et comme il en avait l'habitude avec tout ceux qui l'aidait dans ses funestes desseins, le Führer  offrit à Pavelic une Mercedes Benz 770 w150 en remerciement pour la contribution de son pays à l'invasion allemande de l'Union soviétique.

La commande fût passée en juillet 1941 sous le numéro 398.479 et tout au long des cinq mois nécessaires à la construction de la voiture, le fidèle Erich Kempka, chauffeur du Führer et responsable du parc automobile de la Chancellerie,  supervisa les moindres détails.

 

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Le 21 février 1942, Ante Pavelic reçut enfin son somptueux cadeau des mains de Jakob Werlin, le confident de Hitler et son conseiller pour les questions automobiles, qui plus est membre de la SS à titre honorifique, membre du conseil d' administration de Daimer-Benz AG et Inspecteur général pour l'industrie automobile, et de Siegfried Kasche ambassadeur duReich auprès de l'Etat croate.

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La remise de la voiture se fit en grande pompe à Zagreb et sous l'oeil des caméras.

 

 

Immatriculée "NDH - Zagreb" (NDH pour Nezavisna Država Hrvatska : Nouvel État indépendant de Croatie), la 770 du  "Poglavnik,  numéro de série 429318, fût de toutes les manifestations officielles, arborant, fixé sur l'aile droite, le fanion personnel du dictateur, un drapeau à damier comportant des carrés blancs et rouges avec la lettre "U" dans le coin supérieur gauche.

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Le sort réservé à la voiture est resté longtemps incertain, jusqu'à la parution d'un article dans la
revue slovène AVTO MOTOR CLASSIC,     qui dans son numéro 40-85 a levé un coin du voile...

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Printemps 1945. Les troupes de Tito avancent inéxorablement vers Zagreb que Pavelic quitte avec son fils à bord de la 770 pour rallier la Carinthie en Autriche, où il pense pouvoir négocier avec les occidentaux. Mais les choses ne se passent pas comme il l'espérait, et il doit abandonner la voiture pour fuir dans les bois et se cacher. La 770 tomba alors dans les mains des partisans de Tito et ce dernier l'offrit à Staline. Cadeau bien encombrant pour le russe, qui non seulement disposait d'une ZIS blindée, mais ne désirait pas non plus parader dans une voiture allemande trop marquée de l'ombre d'Hitler, un Hitler avec lequel il avait pactisé en 1939!

Par conséquent, Staline se débarassa de la voiture au profit du Premier secrétaire du Parti communiste outzbèque Ousman Yousoupov. C'est ainsi qu'elle prit la route de l'Ouzbékistan! Cependant, elle ne resta pas longtemps dans les garages du gouvernement local et pour des raisons assez évidentes. Peu importait les qualités de la voiture au regard de la quasi impossibilité d'assurer sa maintenance et notamment pour se procurer des pièces de rechange. Aussi, après avoir été cédée au  chauffeur personnel de Yousoupov, elle tomba entre les mains d'un propriétaire privé qui décida de la transformer en véhicule utilitaire et de remplacer ses organes d'origine par des pièces de fabrication soviétique, pièces dont on connait la piètre fiabilité.

C'est ainsi que la belle 770 fût défigurée, et au lieu de véhiculer des personnalités termina sa carrière en portant des melons au marché! jusqu'au jour où elle rendit l'âme définitivement. C'est au fond d'une arrière cour d'une ferme de la steppe outzbèque où elle pourrissait jour après jour, que le salut se présenta pour elle...

 

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En 2002, sur les traces de "grandes Mercedes" vint de Russie une équipe de passionnés sous la direction de Vadim Zadorozhnogo. Ce dernier, qui a fondé un musée privé, réalisa qu'il avait en face de lui, une voiture exceptionnelle, peut être une de celles qui avaient véhiculés Hitler, et qu'il ne pouvait pas passer à côté d'une telle opportunité. Par chance, les plaques portant les numéros de  moteur et de châssis étaient intactes, et Vadim Zadorozhnogo n'eut aucun mal à l'identifier. C'est ainsi que la 770 accomplit son ultime périple qui l'amena en Russie.

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On imagine sans peine la perplexité des restaurateurs face à un engin dont tant d'élements de carrosserie et de pièces mécaniques étaient absentes. Commença alors, un long travail de recherche d'autant plus ardu que seuls 88 exemplaires de la w150 ont vu le jour. Le monde entier fût écumé : le moteur et la transmission en Allemagne, des pièces de carrosserie dans des lieux improbables, de menues accessoires un peu partout. 

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S'ensuivirent quatorze années d'un travail acharné et à ce jour, 90% de la voiture ont pu être reconstitué. Nul doute que bientôt l'Offener Tourenwagen d'Ante Pavelic viendra s'aligner auprès d'une autre 770, une Innenlenker Limousine dont je vous raconterai l'histoire un peu plus tard...

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22 avril 2017

Bonjour à tous,

Il y a près de deux ans que ce blog existe, et plus de cinq ans que j'essaie de retrouver toutes sortes de documents et de témoignages pour qu'il soit le plus complet possible.

Plusieurs années aussi que je lutte contre un certain découragement.
Je m'explique...

Certes, je ne suis pas un historien professionnel, mais pour avoir collaboré activement à des revues d'automobiles anciennes à l'étranger, je n'ai pas à rougir, bien au contraire. De là à comprendre que nombre de personnes auxquelles je me suis adressé pour améliorer le contenu de mes écrits, être précis,et fournir une iconographie de qualité, que ces personnes ne daignent pas répondre à mes demandes, même négativement, ce n'est ni normal ni courtois.

J'ai abordé le sujet de la 770 w150 avec modestie et précautions. Modestie parce que telle est ma nature. Précautions car malheureusement nous vivons une époque excessivement intransigeante. De là à considérer que parler de la w150 constitue une sorte d'apologie d'une période honnie de l'histoire, il n'y a qu'un pas que certains franchissent allègrement.

C'est d'autant plus stupide que derrière l'histoire de cette 770, il y a de belles pages écrites par des soldats français et américains. Si je dois m'enorgueillir de quelque chose c'est bien d'être le seul a avoir rappelé l'épopée de la division Leclerc depuis le serment de Koufra et jusqu'àu Mont Kehlstein. Et cette épopée est injustement oubliée, même au centre de documentation de l'Obersalzberg où l'on fait la part belle à la seule 101st Airborne...

Ce blog dérange parce qu'il est gratuit dans un monde où tout est financier. Et bien malgré tout, je vais le continuer.

Un dernier mot : vous êtes nombreux à me suivre et bien peu à me laisser un message. Vous ne parlez pas français? Ce n'est pas grave et Google traduction me permettra de vous lire.

Bien amicalement à vous tous

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Hello everyone,

It's been nearly two years since I've been in this blog, and more than five years I've been trying to find all kinds of documents and testimonials to make it as complete as possible.

Several years also I fight against some discouragement.
Let me explain...

Of course, I am not a professional historian, but for having actively collaborated on old automobile reviews abroad, I do not have to blush, quite the contrary. To understand that many people whom I have addressed to improve the content of my writings, be precise, and provide a quality iconography, that these people do not deign to answer my requests, even negatively, is neither Normal or courteous.

I discussed the subject of the 770 w150 with modesty and precautions. Modesty because that is my nature. Precautions because unfortunately we are living an excessively intransigent time. From there to consider that to speak of the w150 constitutes a kind of apology of an honored period of history, there is only one step that some cross cheerfully.

It is all the more stupid that behind the history of this 770, there are beautiful pages written by French and American soldiers. If I have to be proud of something it is good to be the only one who has recalled the epic of the division Leclerc from the oath of Koufra and up Mount Kehlstein. And this epic is unjustly forgotten, even in the documentation center of the Obersalzberg where the show is the 101st Airborne only ...

This blog is annoying because it is free in a world where everything is financial. Well, I will continue.

One last word: many of you follow me and very little to leave me a message. You do not speak French? It does not matter and Google translation will allow me to read you.

Friendly to all of you

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10 avril 2017

NEW : Les survivantes (2): La Pullman Limousine Z 96 501 (FR/EN)

Mise à jour du 10 avril  2017 : ajout d'une photo représentant des éléments de la voiture conservés au Musée du général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin Merci à Guilhem Touratier,Assistant scientifique des collections

 

 

Commandée le 4 avril 1941, cette 770k  carrosserie n° 200787, série 150 0061 0005 ne fût livrée que  le 2 février 1943 à Munich. On peut légitimement penser qu'elle était dévolue au service du Berghof à l'occasion de visites de personnalités ou pour quelques déplacements du Führer, plus à l'abri dans une voiture fermée en ces temps de plus en plus incertains pour lui.

On la voit par exemple à Salzbourg, au palais Klessheim, le 15 mars 1944, lors de la rencontre d'Hitler et de l'Amiral Horthy lors des discussions sur l'occupation de la Hongrie

 

Hitler & Horthy at a meeting in Berchtesgaden

 

 

Comme bon nombre des voitures du "Führer Complex" de Berstechgaden, la limousine se transforma en prise de guerre!

Il y a quelques années, aux Archives départementales de l'Orne, fût retrouvée une photo légendée "Mercedes d'Hitler, ramenée d'Allemagne par François Levesque, Mortagne-au-Perche, 1945." Sur le cliché, une grosse Mercedes, deux hommes penchés sur le moteur, et un soldat en uniforme américain. Cette découverte suscita la curiosité d'un journaliste du quotidien Ouest-France; Qui était ce François Levesque ? Qu'elle était son histoire et celle de la Mercedes ?

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C'est ainsi que l'on apprit que François Levesque,  décédé en 2011, s'engagé dans la 2e DB en août 44 à l’âge de 20 ans, quand l'unité du général Leclerc passe à Mortagne au Perche et fait ensuite toute la campagne d'Allemagne jusqu'à arriver à  Berchtesgaden fin avril 1945.

Lorsque la voiture de son lieutenant tombe en panne, le jeune sergent se met en devoir de lui en trouver une autre. Il s'adresse à un prisonnier allemand, lui demandant où trouver un garage. Ce dernier tente bien de « jouer » les deux Français en les conduisant d'abord dans un garage vide, mais devant le ton décidé des deux soldats prêts à en découdre,  l'allemand finit par les conduire à quelques kilomètres de là, en forêt, où se trouvaient des garages camouflés. A l'intérieur une bonne dizaine de Mercédès dont la Pullman Limousine sur laquelle ils jettent leur dévolu.

Mais la belle ne veut pas démarrer, pas plus que les autres d'ailleurs. Sans doute, une ultime manoeuvre des allemands pour éviter que ces voitures puissent servir aux troupes alliées. Mais au sein de la deuxième D.B. il ya des mécanos et ils sauront rapidement réveiller la belle endormie.

On exhibe la prise de guerre. Sur son passage, quelques allemands s'écrient "Hitler wagen" ! », l'auto d'Hitler !  En apprenant la valeur de leur prise, François Levesque et son lieutenant  emmènent le véhicule au Général Leclerc.

Mais celui-ci refusa le cadeau et le 8 mai 1945, il rédigea un ordre de mission  peu ordinaire: "Conduire la voiture Mercedes Benz Z 96-501 au Général de Gaulle, laquelle est offerte par le général Leclerc. C'est avec le général de Boissieu à son bord, que la limousine prend la route pour Paris (cf. Pour combattre avec de Gaulle par Alain de Boissieu).

 

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Elle fût donc ramenée à Paris, comme en témoigne Jeanne, sœur du jeune soldat,  qui  a conservé une photo montrant son frère au Trocadero avec la grosse berline. « Après une étape dans un garage, pour la laver et la remettre en état, mon frère nous a emmenés faire un tour dedans avec mes parents » précisait elle au quotidien Ouest-France en 2014.

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Présentée au général de Gaulle  celui-ci ne souhaita pas la garder, la 770k fût confiée au Musée de l’Armée.

L'arrivée de la voiture ne passa pas inaperçue. Le journal "Le Monde" dans son édition du 1er décembre 1945 annonça l'évènement en ces termes : "Le 1er décembre, à 14 h. 30, dans les magasins des automobiles Renault, 51, avenue des Champs-Élysées, sera ouverte au public et jusqu'au 1er janvier (NDLR :1946) l'exposition de la voiture blindée de Hitler, capturée à Derchtesgaden le 7 mai 1945, offerte par le général Leclerc au général le Gaulle , qui l'a prêtée à " Victoire ", organisme national de solidarité combattante, 22, avenue Foch. Prix d'entrée : 10 fr. ; 5 fr. pour enfants et militaires en tenue.

Le bénéfice des entrées sera affecté aux œuvres de " Victoire ", qui vient en aide chaque jour aux victimes de la guerre"

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Des éléments de la voiture sont conservés au Musée du général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin:

 

anciennes vitrines du musée de l’Ordre de la libération

 

Dans les quatre années qui suivirent, "Victoire" loua la voiture pour de nombreuses manifestations tant en France, qu'aux quatre coins de l'Europe. aux USA et au Canada, et parfois aux prix de quelques difficultés...

En effet, "Le Monde" du 10 février 1949, titrait : "On a retrouvé la voiture de Hitler". La lecture de l'article est particulièrement savoureuse :  "Une dépêche de Syracuse nous apprend que la voiture blindée de Hitler - la fameuse " limousine noire " à l'abri des balles, - que l'on considérait comme disparue, vient  être retrouvée dans un garage de cette ville. On rappelle à ce propos que ladite voiture, dont un groupe de soldats américains s'était emparé à Berchtesgaden, avait été offerte au général de Gaulle qui à son tour en fit cadeau à une organisation s'occupant d'orphelins de guerre français. Celle-ci l'avait louée successivement à des Anglais puis à des Américains, et ce sont ces derniers qui, ayant égaré la fiche du garage, ne savaient plus où ils l'avaient remisée..

On la voit ici à son arrivée dans le port de New York, le 23 juillet 1947

 

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Un télex avait annonçé son départ du Port du Havre(ci-dessous)

 

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En 1949, le Musée de l'Armée s'en sépara, et elle fût acquise par un américain qui s'en servit pour des exhibitions au travers des Etats-Unis comme la Virginia State Fair ou la campagne électorale du Sénateur Georges Wallace, candidat à la présidence.

En 1986, elle était dans les mains d’un collectionneur américain de Philadelphie.

On sait qu'elle n'a subi aucune restauration et que son intérieur est défraichi. Mais aussi qu'elle n'aurait accompli que 9000 miles depuis sa mise en service...Malheureusement, elle aurait perdu ses anti brouillards, son phare Notek, quelques accessoires et sa radio. De même, elle aurait un impact de balle dans la lunette arrière, suite à une exhibition.

Reste le mystère de cette plaque d'immatriculation : Z 96 501. Ce qui est certain, c'est qu'il ne s'agit pas d'une immatriculation allemande. Néanmoins, la photo du site de l'Agence d'images de la défense, datée du 5 mai 1945 et prise à Berstechgaden par Philippe Héritier pourrait laisser penser que l'immatriculation d'origine pourrait être IA-148696. Auquel cas, et les Deutsche Wochenschau nous le démontrent, la Z 96 501 a bien servi à la Chancellerie du Reich.

 

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 Quoi qu'il en soit, la voiture n'a pas réapparu depuis près de trente ans...

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Commissioned April 4, 1941, this body 770k No. 200787, serial 150 0061 0005 was not delivered until 2 February 1943 in Munich. One can legitimately think that it was vested in the Berghof service during VIP visits or trips to some of the Führer, more sheltered in a closed car in times of increasingly uncertain for him.

for example one sees in Salzburg at Klessheim Palace, March 15, 1944, at the meeting of Hitler and Admiral Horthy in discussions on the occupation of Hungary

Since many of the cars of the "Complex Führer" of Berstechgaden, the limo turned into a war prize!

There are a few years, the departmental archives of the Orne, was found a photo captioned "Mercedes Hitler, brought from Germany by François Levesque, Mortagne-au-Perche, 1945." On the plate, a big Mercedes, two men examined the engine, and a US soldier uniform. This discovery aroused the curiosity of a journalist from the daily Ouest-France; Who was François Levesque? It was his story and that of the Mercedes?

Thus we learned that François Levesque, who died in 2011, is engaged in the 2nd Armoured August 44 at the age of 20, when the unit of General Leclerc passes Mortagne au Perche and then made entire German campaign to reach Berchtesgaden end April 1945.

When the car of his lieutenant fails, the young sergeant proceeds to him to find another. It addresses a German prisoner, asking where to find a garage. It does attempt to "play" the two French by first leading them into an empty garage, but before the decided tone of the two soldiers ready to fight, the German eventually lead them to a few kilometers away, in the forest , where there were hidden garages. Inside a dozen Mercedes Pullman limousine on which they set their sights.

But the fair will not start any more than others elsewhere. No doubt a final maneuver of the Germans to avoid these cars can be used for allied troops. But in the second D.B. there are mechanics and they will soon awaken the sleeping beauty.

It shows off the spoils of war. On his way, some German exclaim "wagen Hitler!" "Hitler's car! By learning the value of their catch, François Levesque and his lieutenant take the vehicle to General Leclerc.

But he refused the gift and May 8, 1945, he wrote an order of unusual mission "Driving the car Mercedes Benz Z 96-501 General de Gaulle, which is offered by General Leclerc With the. General de Boissieu on board, the limo takes the road to Paris (cf. to fight with de Gaulle by Alain de Boissieu).

It was therefore returned to Paris, as evidenced by Jeanne, sister of the young soldier, who kept a picture showing his brother the Trocadero with the big sedan. "After a stop in a garage to wash and rehabilitate my brother took us for a ride in with my parents," she stated in the daily Ouest-France in 2014.

Presented to General de Gaulle it did not wish to keep the 770k was assigned to the Army Museum.

The arrival of the car did not go unnoticed. The newspaper "Le Monde" in its issue of 1 December 1945 announced the event in these words:. "On 1 December, to 14 h 30, in stores of Renault automobiles, 51, avenue des Champs Elysées, will be open to public and until 1 January (Note: 1946) the exhibition of the armored car of Hitler captured Derchtesgaden May 7, 1945, hosted by General Leclerc to General de Gaulle, who paid to "Victory" national organization of militant solidarity, 22 Avenue Foch admission: 10 fr, en 5 for children and military in uniform....

Earnings entries will be assigned to the works of "Victory", which helps each day to victims of war "

In the four years that followed, "Victory" rented the car for many events in France, to the four corners of Europe. USA and Canada, and sometimes the price of some difficulties ...

Indeed, "Le Monde" on February 10, 1949, headlined "Hitler's car was found." Reading the article is particularly tasty: "A dispatch from Syracuse reveals that the armored car of Hitler - the famous" black limousine "immune to bullets - that was considered extinct, just be found in a garage of this city. We recall in this connection that the said car, including a group of American soldiers had seized in Berchtesgaden, had been offered to General de Gaulle, who in turn gave it to an organization dealing with french war orphans. it had leased successively to English and then to the Americans, and it is they who, having lost the garage record, did not know where they had put away ..

She is seen here on his arrival in the port of New York, July 23, 1947

In 1949, the Army Museum separated himself, and it was acquired by an American who used to exhibitions across the United States as the Virginia State Fair or the campaign of Senator George Wallace, candidate to the presidency.

In 1986, she was in the hands of an American collector Philadelphia.

We know she has not undergone any restoration, and its interior is faded. But also that she would done 9000 miles since its commissioning ... Unfortunately, it would have lost its anti mist, his Notek lighthouse, some accessories and radio. Similarly, it would have a bullet hole in the rear window, following an exhibition.

There remains the mystery of this license plate: Z 96 501. What is certain is that this is not a German registration. Nevertheless, the Agency website of the photo images of defense, dated 5 May 1945 and taken by Philippe Berstechgaden Heir might suggest that the original registration could be AI-148696. In which case, and Deutsche Wochenschau we demonstrate, the Z 96,501 has served in the Reich Chancellery.

 
Anyway, the car has not reappeared since nearly thirty years ...

 

 

 

 

 

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Bonjour à tous!

Et merci d'être de plus en plus nombreu à suivre ce blog.

Je reviens dans quelques jours  avec un "scoop" : on a retrouvé la 770 d'Ante Pavelic!

D'ici quelques semaines je vous parlerai de la 770 du Marechal Mannerheim et d'une autre 770 dénichée en Nouvelle Zélande

 

Hello everyone!

And thank you for being more and more numerous to follow this blog.

I come back in few days with a "scoop": we found the 770 of Ante Pavelic!

In few weeks, Marshal Mannerheim 770 and New Zealand 770

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17 février 2017

Les présumées survivantes :Offener Tourenwagen saisie par la 101st Airborne

Article incomplet: autres recherches en cours

 

4 Mai 1945. Le capitaine Joe Crilley, de la 326th Airborne Engineer Battalion du101 St Airborne, s’approche de Berstechgaden avec son unité. Tout annonce une fin imminente des hostilités. Pas l’ombre d’un soldat ennemi. Des drapeaux blancs sont suspendus aux fenêtres.

Néanmoins, Crilley demeure sur ses gardes. Il sait que tout ce qui entoure la « montagne d’Hitler » est fortifiée et que l’hypothèse de se trouver face à la garde personnelle du Führer, des SS prêts à se battre jusqu’à la mort, demeure une probabilité d’autant plus grande que les plus hauts dignitaires du Reich ont quitté Berlin et que nombre d’entre eux sont venus se réfugier là.

Crilley redouble de prudence. Aux abords du batiment abritant les Waffen SS, il donne l’ordre à ses troupes de se préparer au combat et de se déployer tout autour des lieux. Mais rien ne se passe et les soldats américains investissent les lieux jusqu’aux garages.

A l'intérieur,  deux magnifiques Mercedes Benz en bon état mais maculées de boue  sont garées côte à côte. 

MB Staff

Crilley se tourne vers le sergent d'état-major Robert Smiley et lui dit: «Check them out» (Inspectes moi çà !). Smiley s'approche d'abord de l’une d’elle,  un cabriolet bleu irisé. Non sans appréhension car les allemands étaient notoirement connu pour installer des pièges à des endroits ou sur des objets susceptibles de déjouer la méfiance de l’ennemi. Tout en demeurant à bonne distance, Smiley tire une première fois sur le pare-brise de la décapotable, puis une deuxième fois dans l’aile gauche, laissant au passage un trou de calibre 45. Quant au pare-brise, il est seulement étoilé car le verre blindé a supporté le choc. Au grand soulagement du sergent, rien ne s’est passé. Il réitère sur l’autre voiture, une limousine noire décapotable. Il ne se passe rien…

Smiley observe que la clé de contact du cabriolet est insérée dans son orifice. Le capitaine ordonne : "Voyez si elle fonctionne." Smiley ouvre la porte du conducteur et avec précaution, prend place derrière le volant.  Il prend une profonde inspiration, dit une prière rapide et met la clé en position «on». Il appuie ensuite sur le bouton du démarreur. Rien ! Il recommence, puis au bout de quelques tentatives infructueuses, la belle endormie se met à rugir dans un grondement sourd.

Pour autant, la compagnie ne s’éternise pas. Il reste du travail à faire et notamment gagner le Nid d’Aigle, tout en haut du Mont Kehlstein. Mais l’ascenseur ne fonctionne pas, conséquence du bombardement américain du 25 avril précédent. Criley et ses hommes rebroussent chemin. Il tenteront à nouveau de gagner le Nid d’Aigle quelques jours plus tard en empruntant des chemins escarpés. En vain : la 2ème DB les a devançé !

Mais tout s’accélère. L'Allemagne s'est rendue inconditionnellement.  La guerre en Europe est finie. Peu après, les deux Mercedes, après avoir été nettoyées par leurs nouveaux «propriétaires» sont exhibées dans la paisible bourgade bavaroise.

Sur ordre du Général Ryan, les deux voitures sont réquisitionnées pour l’Etat Major.

Mais il y a encore une guerre à gagner dans le Pacifique, et il faut de l’argent pour cela. Et l’une des sources de financement est constituée par les War Bonds ( obligations de guerre),  titres de créance émis par un gouvernement dans le but de financer des opérations militaires en temps de guerre. Les appels pour acheter des obligations de guerre sont souvent accompagnés d'appels au patriotisme et à la conscience des citoyens. Aussi, le Département du Trésor des Etats Unis ordonne le rapatriement des deux voitures aux Etats Unis avec pour objectif de les montrer lors de tournées de récolte de fonds.

Crilley fût approché pour assurer la tournée en compagnie de quelques uns de ses hommes. Mais il déclina l’invitation car il souhaitait rapidement quitter l’Armée pour retourner à vie paisible chez lui et se marier.

En août 1945 les deux Mercedes, et un petit contingent issue de la 101st Airborne commandé par le sous-lieutenant James Cox reçurent l’ordre de départ pour les Etats Unis fixé au 10 septembre 1945.

Au départ, l’on pensa que les deux Mercedes appartenaient à Hitler. Il fût déterminé plus tard que le cabriolet, identifié comme un 540k, appartenait à Hermann Goering en personne puisqu'il arborait ses  armoiries sur les portes. Or Hitler n'avais jamais utilisé d'armoiries. Les documents d'achat subséquents le prouvèrent. Par contre, la confusion fût telle, que longtemps, on considéra que la 770 appartenait elle aussi à Goering.

 

 

 

 

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15 février 2017

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13 février 2017

NEW : Requiem pour une 770

Numéro de série 10 150 003

 

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Autour de la région de Kaliningrad (Fédération de Russie), l’on trouve encore nombre de vestiges de la Seconde Guerre Mondiale. Et pour cause ! Kaliningrad se trouve sur le site de l'ancienne, Königsberg fondée en 1255 par les Chevaliers teutoniques autour d'un château censé les protéger contre les Prussiens.  La ville fit partie de la Ligue hanséatique dès  1340. À la suite des défaites des Chevaliers teutoniques contre la Pologne et après la chute du château de Marienburg en 1457, Königsberg devint la capitale de l'Ordre teutonique. Lorsque, en 1525, le dernier Grand-maître de l'ordre, Albert de Brandebourg-Ansbach  , sécularisa celui-ci, c'est tout naturellement que Königsberg devint la capitale du nouveau duché de Prusse qu'il venait de créer, après sa conversion au luthéranisme.  Lorsque le duché fut érigé en royaume par Frédéric III de Brandebourg en 1701, Königsberg devint vice-capitale royale avec Berlin. La ville est alors très majoritairement peuplée d'Allemands, et ce jusqu'en 1945. Elle fait partie du royaume de Prusse, puis de l'Empire allemand à partir de 1871. Après la Première Guerre mondiale et la défaite allemande, elle est intégrée à l'Etat libre de Prusse. Comme l'ensemble de la province de Prusse-Orientale elle est séparée de l'Allemagne par le corridor de Dantzig à compter de 1919.

La ville et sa population subirent, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, des bombardements anglo-américains sévères. L'assaut de la ville par les troupes soviétiques, se termina le 9 avril 1945 par la capitulation de la garnison allemande. De cette prise témoignent encore des monuments ou des tombes communes (en russe « fraternelles ») des soldats tombés lors de la prise de la ville. La Prusse Orientale fût alors partagé entre Pologne et URSS. En 1946, Königsberg fut alors renommée Kaliningrad en l’honneur du président du Praesidium du Soviet suprême et membre du Comité central du Parti, Mikhaïl Kalinine.

En avril 2014, une découverte étonnante fut faite, non loin de là,  sur les abords de la Vistule. Il s’agissait des  restes d'une voiture de tourisme,  dispersés dans un rayon de plusieurs dizaines de mètres et légèrement recouverts de terre. Après avoir soigneusement examiné les fragments de métal et les parties bien conservées et les avoir comparées à des photos d'archives, les chasseurs de trésors (NDLA : du Troisième Reich) conservèrent quelques pièces, telles qu’un enjoliveur de roue frappé de l’étoile Mercedes, un bouchon nickelé portant le même emblème, le cerclage du volant,  et une  poignée de la porte avec sa serrure. Le reste fût dispersé dans  des collections privées en Russie et en Allemagne.

 

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L’un des chercheurs a ainsi partagé ses impressions.

« On travaillait dans le périmètre,  en toute illégalité car c’est dangereux. Il y a encore des risques de sauter sur une mine ou un obus enfoui dans le sol. On fait çà presque sous le nez de gardes plutôt bienveillants parce qu’on a une sorte de « modus vivendi » avec le chef du FSB. Nous essayons de ne pas faire de bruit, afin de ne pas attirer l'attention. Nous, ce qu’on cherche principalement, ce sont des armes ou ce qu’il en reste,  des insignes militaires et des décorations parce que c’est très recherché par les collectionneurs allemands et russes et qu’ils nous en donnent un bon prix. Ce jour là, avec l'aide d'un détecteur de métal, nous avons sondé une  zone d’anciens cratères, vestiges des bombardements du Printemps 1945.  Presque immédiatement, près de ce qui restait d’une sorte de barge à demi-enterrée, le détecteur a produit un son strident. De toute évidence, il se trouvait là quelque chose de grande taille et on a commencé à creuser. Hélas, on n’a d'abord trouvé qu’un bidon d’essence avec une inscription à peine visible qui indiquait: «Wehrmacht 20l" et d’autres bricoles. La terre s’est brusquement affaissée sous nos pieds et en grattant on est allé de surprises en surprises jusque à l’évidence: tout ce qu’on déterrait évoquait les débris d’une voiture qui aurait été pulvérisée tant les morceaux en était éparpillés sur une bonne dizaine de mètres, une voiture de très grande taille, et très probablement décapotable , parce que nous n’avons trouvé le moindre indice d’un grand toit métallique.

On était également sûr que cela provenait d’une Mercedes. Mais laquelle ? Déterminer le modèle avec ces maigres indices étaient plus que difficile.

On avait au moins une poignée de porte. A en juger par l'emplacement physique de notre découverte, c’était celle du côté conducteur. En tirant dessus (car elle est montée sur un ressort) on a eu la surprise de constater que le mécanisme fonctionnait parfaitement malgré les soixante-dix ans passés dans le sol ! C’est là qu’on a eu l’idée de se référer à l’ouvrage de Jan Melin sur les huit cylindres Mercedes, le plus complet qui puisse exister sur le sujet. Au fil des pages, on s’est fixé assez vite que les débris que nous avions exhumé étaient  ceux d’une W150.  On a étudié à la loupe les photos pour traquer les moindres détails susceptibles de nous éclairer. Ceci avec d’autant plus de pugnacité que les W150 ont été produites à peu d’exemplaires, que la plupart étaient dévolues à l’usage des dignitaires du Reich et d’Hitler lui-même, et que leur côte atteint de sommes astronomiques.

Il devint clair que la poignée de porte était caractéristique des voitures commandées pour l’usage exclusif du Chancelier du Reich, parce que pour en permettre une ouverture rapide il s'agissait de poignées affleurantes à la carrosserie plaçées dans un creux de la portière et que l'on tire au lieu de les tourner.

 

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L’on fit également une autre découverte : la plaque constructeur portant le numéro de série 10 150 003. Référencée par Jan Melin comme celle d'une voiture délivrée à la Chancellerie du Reich en 1943 ! Nous tenions donc bien les vestiges d’une voiture affectée à l’usage du Führer »

Alors, comment était elle arrivée jusque là, sur les bords de la Baltique ?

Il faut se souvenir qu’à partir de 1942, Hitler réside essentiellement à la « Wolfschanze » ( la tanière du loup), situé à quelques kilomètres de la ville de Rastenburg,  à tout juste une  heure de route de Königsberg. Plusieurs voitures affectées à l’usage du Führer y étaient stationnées en permanence. Et lorsqu’au printemps 1945,  les choses commencent à se gâter et qu’Hitler a regagné Berlin, les 770 ont été déplacées à Koenigsberg., puis à Pillau, au fur et à mesure de l’évolution de la ligne de front. On sait qu’après, quand les troupes soviétiques ont commencé à se déplacer rapidement les véhicules d’Hitler ont été expédiées par le détroit sur le Frische Nerung (Presqu’ile de la Vistule). La barge transportant la 770 s’échoua au bord de la Vistule, et les violents combats qui eurent lieu à cet endroit firent le reste…

Quant aux vestiges de la voiture, ils ont été acquis par un collectionneur, Vladimir Medvedev en vue d’une vente aux enchères via la célèbre maison Sotheby’s.

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05 février 2017

Les voitures du Reich : la IA-125521 cabriolet D du Ministère de l'Air

Mise à jour du 05 février 2017 : ajout de trois photos

Si Hitler ne voulait pas entendre parler d'une autre marque que Mercédès, d'un autre modèle que la 770k en version Offener Tourenwagen, il n'en était pas de même pour le Maréchal du Reich, Reichsluftfahrtminister (Ministre de l'Air), Hermann Goering. S'il possédait à titre personnel un cabriolet 540k, il aimait tout particulièrement les Horsch. Néanmoins, il ne dédaignait pas la 770k. C'est ainsi qu'on le vit à bord d'un cabriolet D de teinte irisée, probablement d'un vert conforme à son amour de la chasse. L'on dispose de peu de documents sur cette voiture dont on ignore ce qu'elle est devenue.

 

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Le 20 avril 1939, l'on célèbre en grande pompes le 50ème anniversaire d'Adolf Hitler. Comme il se doit, c'est un imposant cortège automobile qui quitte la Chancellerie du Reich pour traverser Berlin. Le cabriolet D dans lequel s'est installé Goering suit le Führer en troisième position

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Sur cette photo, on distingue bien la présence de trois charnières de porte indiquant un blindage de niveau 2

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C'est très certainement la même voiture, désormais peinte en "gris Luftwaffe" jusqu'à en perdre ses chromes, que l'on voit sur les trois documents ci-dessous :

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NEW Les survivantes (I) : Offener Tourenwagen "Berstechgaden" à plaque IA-103708 du Musée Henri Malartre (FR/EN)

Mise à jour du 5 février 2017 : adjonction d'une photo

Remerciements à Clarisse DESPIERRES et Philippe VALTON pour les informations précieuses qu'ils ont bien voulu me communiquer

Je tiens également à honorer la mémoire de Monsieur Jacques Chambon, alors au service des matériels de la 97ème compagnie de Quartier Général de la 2ème DB et que tous les "Mercédésistes" de la région toulousaine ont bien connu quand il tenait le panonceau de la marque au 25 avenue de Lavaur à Castresdans le Tarn. L'auteur de ces lignes a eu le plaisir de le connaître.

Merci également à Guilhem Touratier, Assistant scientifique des collections au Musée du général Leclerc de Hautecloque et de la Libération de Paris-Musée jean Moulin, pour son inépuisable gentillesse et son aide précieuse.

 

C'est par la France que commence ce tour du monde des 770 survivantes. Et plus précisément par le Musée Henri Malartre, à Rochetaillée sur Saône près de Lyon, où depuis 1969 est exposée un Offener Tourenwagen saisie par la division Leclerc à Berstechgaden en mai 1945.

C'est par la France que commence ce tour du monde des 770 survivantes. Et plus précisément par le Musée Henri Malartre, à Rochetaillée sur Saône près de Lyon, où depuis 1969 est exposée un Offener Tourenwagen saisie par la division Leclerc à Berstechgaden en mai 1945.

Cette voiture a une histoire...que nous ne connaissons que très partiellement et tenter d'en savoir plus relève d'une véritable chasse au trésor. Au fil de ces lignes vous comprendrez pourquoi sous ses apparences anodines (pour une 770!), quelques petits mystères restent à élucider.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, nous ne disposons que de maigres informations, de quelques anecdotes et d’une iconographie qui ne permet de resituer que très partiellement le contexte historique de cette splendide voiture. En effet, à l'inverse de nos amis américains et canadiens, qui pour leur part ont rigoureusement tracé l'itinéraire des 770 amenées Outre-Atlantique, personne, en France, ne semble avoir conservé le moindre souvenir de sa capture.

Il est incontestable que si l’ombre d’Hitler affecte la beauté majestueuse de cette Mercedes, elle ne peut toutefois pas faire oublier que la 770 est parvenue jusqu’à nous grâce à ceux qui au prix de leur courage, ont écrit l’une des plus belles pages de notre Histoire.

 

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1er mars 1941. En prenant Koufra, une oasis du désert Libyen, la 2ème Division Blindée de celui qui n'est encore que le Colonel LECLERC vient de remporter la première victoire française depuis le désastre de 1940. Avec ses hommes, qui ont rejoint comme lui le général de Gaulle après l'invasion de la France par l’armée allemande, il fait le serment de ne plus déposer les armes avant que le drapeau français ne flotte sur Strasbourg. Ce sera chose faite le 23 novembre 1944.

 

(Si vous souhaitez en savoir plus sur cette valeureuse et prestigieuse unité combattante, c'est ici.)

 

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Au début de mars 1945, épuisée par des mois de combat, la 2ème DB est envoyée au repos dans la région de Châteauroux. L'armée rouge a atteint l'Oder. Trois semaines auparavant, à Yalta, l'avenir politique de l'Europe s'est dessiné sans la France. Il devient clair que les Alliés doivent progresser rapidement à l'Est du Rhin s'ils veulent équilibrer les partages politiques qui se préparent. Le repos de la division est rapidement perçu comme une pénitence, et Leclerc intervient inlassablement à tous les échelons pour être envoyé en Allemagne.

L'ordre tant attendu arrive le 22 avril 1945. Si dès le 2 mai, les Russes sont devenus maîtres de ce lieu symbolique qu'est Berlin, Leclerc et ses hommes réussissent le tour de force d'entrer, quarante huit heures plus tard, dans cet autre lieu symbolique qu'est Berstechgaden. Et le 5 mai 1945, les couleurs françaises sont hissées tout en haut du mont Kehlstein.

Parallèllement, ils découvrent beaucoup de matériel roulant dont nombre de voitures et donc plusieurs 770...

 

***

 

 

Dans l'esprit d'un combattant, plus la prise de guerre est emblématique plus la fierté du soldat est grande. L'on imagine sans peine ce qu'on pu ressentir nos ainés d'avoir ramené la voiture d'Hitler...

Néanmoins, on en sait finalement peu sur les conditions de la saisie de cette 770. Si ce n'est ce court reportage de FR3 Lorraine, dans lequel, un ancien de la 2ème DB, René Grandjean, évoque l'arrivée de la voiture et les réparations qu'il dût entreprendre pour la remettre en route...

 

René Grandjean, mécanicien de la Mercedes d'Hitler France

NDLA : Regardez bien la vidéo et en particulier la voiture...le pare-chocs n'est pas anodin!

L'on sait également que Leclerc fit don de la voiture au général américain commandant le secteur voisin et que ce dernier l'abandonna à Paris dans un garage du Boulevard de Reims avant de regagner les Etats-Unis. Rachetée par un ancien de la 2ème DB, Monsieur DIOMGAR, la 770, qui reçut au passage une immatriculation civile en bonne et dûe forme (260 BE 75) continua sa carrière lors d'exhibitions au profit d'anciens combattants et victimes de guerre jusqu'en 1969 et son entrée au Musée de Rochetaillée. 

On la voit ici descendre les Champs Elysées en 1953 escortée par des anciens de la 2ème DB, à l'occasion de la Kermesse aux Etoiles organisée au profit des oeuvres sociales de la 2ème DB.

 

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La revue de la Fédération Nationale des anciens combattants prisonniers de guerre consacra un article à la voiture.

 

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L'intérieur quelque peu défraichi de la 770. On observe le siège passager surélevé et le piédestal. Contrairement à une idée reçue, cette surélévation n'était nullement destinée à compenser la prétendue petite taille d'Adolf Hitler. Bien au contraire, puisque ce dernier affichait un bon mètre soixante-quinze, ce qui était plutôt grand pour un homme de cette génération. Si quelqu'un avait bien à se plaindre, c'était plutôt son chauffeur, Erich Kempka, qui évoque lui-même dans ses mémoires, les adaptations qu'il dût demander à Daimler-Benz pour pouvoir conduire confortablement en dépit de sa petite taille.

 

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Sur la photographie ci-après, l'on peut observer que le matériel d'exposition suspendu est rédigé en néerlandais car la 770 fût montrée en Belgique et aux Pays-Bas.

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Des cartes postales étaient éditées " au profit d'oeuvres sociales et de bienfaisance" La photo semble retouchée car d'une part, exit les trois phares additionnels, d'autre part le numéro d'immatriculation semble avoir été dessiné, et enfin la présence de compas de capote apparents, indiquent  que l'on s'est servi de la photo d'un autre modèle du même type, mais en version coupé F.

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Je viens de retrouver sur un site marchand, une série de photos prises lors d'une des expositions de la voiture. Devant le prix demandé, 60 euros, qui plus est pour de mauvais clichés, je ne suis pas allé plus avant. Néanmoins, j'ai pu télécharger les photos de l'annonce...

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Ces expositions étaient organisées par la Fédération Nationale des  Combattants Prisonniers de guerre (ACPG).

 

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Quelques péripéties émaillèrent les présentations de la voiture. A Amsterdam, un visiteur s'empara d'un des fanions à croix gammée. Poursuivi, le voleur n'eut d'autres ressources que de plonger dans les eaux du port où le fanion disparût. Ailleurs, ce sont les valves de roues qui s'évaporaient, si bien qu'un stock de valve de secours suivait la voiture. Ceux qui ont pensé détenir un accessoire de la voiture d'Hitler en ont été pour leurs frais! Enfin, lorsque l'exhibition avait lieu non loin de la frontière allemande, ce sont des hordes de curieux qui débarquaient d'Outre-Rhin.

Anecdote encore que cet article paru dans un quotidien local en 1952 : "La voiture blindée d’Hitler exposée à la foire de Saint-Pol-sur-Ternoise" La magnifique voiture blindée d’Hitler qui, jadis, semait la terreur sur son passage,est devenue un objet de curiosité. Après avoir été utilisée par le Général Leclerc lors des campagnes d’Allemagne et d’Autriche, elle va maintenant de ville en ville…
Grâce aux A.C.P.G. et à leur président, M. Charles Rulence, la voiture blindée d’Hitler sera samedi (15 mars) à Saint-Pol où les visiteurs de la foire pourront l’admirer et la visiter tout en remplissant la caisse des oeuvres d’entraide des A.C.P.G. Cette voiture, longue de 6 m sur 2 m 14 de large, pèse 4 tonnes 700: elle est propulsée par un moteur 8 cylindres à turbo-compresseur qui peut développer jusqu’à 400 cv. Très luxueuse, elle est en outre blindée par des plaques de 18 mm. Ses glaces sont formées de 7 feuilles de verre de 47 mm, parfaitement à l’abri des balles. Les portières, pesant 500 kg chacune, sont commandées électriquement à l’aide d’un bouton placé sur le tableau de bord. Le siège d’Hitler est surélevé de 15 cm, car le dictateur était petit, mais ne voulait pas le laisser paraître.
Ajoutons que cette voiture sera présentée sur la place de l’ancien Palais de Justice (place Georges-Graux aujourd’hui), c’est-à-dire en face de la nouvelle poste, et rappelons-le, au bénéfice des A.C.P.G.

Henri Malartre avait aperçu la Mercedes pour la première fois à Lyon, dans les années 1950. Le véhicule était sur le plateau d’un camion, sur lequel les organisateurs tendaient une bâche pour abriter les admirateurs. Le fondateur du musée automobile a, dès ce moment-là, voulu que ce véhicule figure dans sa collection. Mais conscient de la difficulté pour l’obtenir, il n’a pu qu’admirer la carte postale qu’il avait achetée lors de l’exposition. Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard, qu’Henri Malartre apprendra que la voiture n’était plus « exhibée » et qu’elle était garée chez un ancien prisonnier de guerre, Monsieur DIOMGAR, à Goussainville en banlieue parisienne. L’homme faisait agrandir sa maison. Après d’âpres discussions et surtout une somme d’argent très coquette, le châtelain remporta le marché. C’est ainsi que la voiture de parade d’Hitler est entrée au musée de Rochetaillée, le 26 juin 1969 en même temps que le matériel d'exposition (dans sa version française).

Sans Henri Malartre, qui sait ce que serait devenue la Mercedes. Aurait elle, comme l'autre 770 ramenée en France, été cédée à vil prix à un collectionneur d'Outre atlantique? Aurait elle fait l'objet de sordides marchandages comme celui qui a conduit une autre voiture du Führer a être vendue pour plusieurs millions d'euros à un russe nostalgique? Aurait elle été détruite au nom de je ne sais quelle requête de ceux qui considérent qu'eux seuls ont souffert. La mémoire d'Henri Malartre doit être saluée. Car Les souvenirs ramenés par les combattants Français doit être sauvegardés en mémoire de leur sacrifice.

Le contexte historique ferait presque oublier de quelle merveilleuse voiture il s'agit.

Dans  le numéro 375 de l’Auto-journal, le journaliste Didier Charvet qui a eu ce privilège, livra ses impressions de conduite sur la 770 qu’il avait eu le bonheur d’essayer: "L’on est très bien au volant mais nous avouons que nous appréhendions les réactions de ce monstre de près de cinq tonnes . Au départ, nous sommes un peu déçu : la voiture semble manquer de puissance. Nous apprécions cependant la douceur de l’embrayage et la parfaite maniabilité de la boite de vitesses. Tous les rapports se passent du bout des doigts.

Après une dizaine de kilomètres, moteur chaud, appréhensions oubliées. Nous faisons vraiment connaissance de cette Mercédes.  Si l’on n’éprouve aucune impression particulière de puissance,  on s’aperçoit vite, par comparaison avec les autres voitures, que les accélérations sont  en réalité, brillantes.  On oublie que l'engin est blindé! Nous ne sommes pas montés à plus de 130  car l’âge des pneus d’origine nous l’interdisait et le compresseur ne fonctionnait pratiquement pas. Toutefois nos essais nous ont permis de nous faire une idée de l’effet que l’on devait ressentir  lorsque la voiture bondissait à plus de 200 à l’heure !

 Nous avons emprunté de petites routes sinueuses et c’est là  que notre surprise fût la plus grande. Le poids ne comptait pas et ce monstre de six mètres, se manie aussi aisément qu’une Renault Dauphine !

Le confort est exceptionnel. La caisse ne bouge absolument  pas, et il faut vraiment de très mauvais pavés pour ressentir les vibrations.  La consommation est également étonnante…plus de 50 litres aux 100… La température extérieure assez basse, nous a permis d’apprécier un chauffage d’une efficacité assez rare…"

Au final, Didier Charvet, près de vingt ans plus tard, livrait des conclusions exactement identiques à celles  de la revue britannique « The Motor » en mai 1939 ! De quoi faire rougir une Classe S de 2016 bardée d’électronique…

Quelques années plus tard, le même Auto-Journal publiera le compte-rendu  d'essai réalisé par Jean-Loup NORY agrémenté d'une superbe vue en éclaté.

Je noterai cependant la grande témérité des essayeurs, lesquels n'avaient sans doute pas été mis au courant qu'il ne fallait pas dépasser les 80 km/h, limite de résistance des pneumatiques pour cette version fortement blindée!

 

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Venons en aux petits mystères de la 770 de Rochetaillée...

A t'elle été utilisée par le Führer?

Très probablement même si l'on ne dispose que de bien peu d'éléments tangibles. La présence d'un siège avant rehaussé de 12 centimètres et rabattable, la poignée de maintien situé en haut du pare-brise, sont des éléments caractéristiques des voitures ayant été utilisée par le Führer (lequel était invariablement assis à l'avant droit). N'aimant pas faire de simples affirmations une vérité, je préfère dire "que l'on peut raisonnablement penser que cette 770 a fait partie des véhicules utilisés par Adolf Hitler"

L'autre élement qui m'intrigue, est qu'il n'existe à ma connaissance, aucune photographie de la voiture en situation (c'est à dire avec Hitler à bord). En effet, si de nombreuses photographies sont censées reproduire cette voiture lors de manifestations officielles, et quand bien même  le numéro d'immatriculation soit identique, la voiture est différente. En effet, le même numéro pouvait être réattribué à l'issue d'un changement de véhicule.

Voici d'aileurs la fausse-vraie IA-103708, une 540K type W24, photographiée à Breslau en 1936. Or la voiture de Rochetaillée est une  770k type W150 et donc postérieure à 1938.

http://p8.storage.canalblog.com/82/08/582499/110386837_o.jpg

 

Modèle 1938 ou modèle 1942?

La Directrice du musée a bien voulu me communiquer quelques informations

  • la voiture du musée porte le numéro de moteur 189 789 correspondant à la commande 297 465 du 22 juillet 1938; elle fût livrée à la Chancellerie du reich à l'été 1939 et portait le numéro de carrosserie 849 503 selon les registres de la marque
  • or, cette même voiture porte un numéro de carrosserie différent, le 863802 correspondant à la commande 399 777
  • le numéro de chassis aurait disparu ( tout au moins la plaque correspondante située sur la cloison pare-feu)

J'ai contacté le constructeur qui m'a aimablement répondu qu'il ne donnait aucune information en dehors du propriétaire légal du véhicule; J'ai transmis cette information et les coordonnées de la personne ressource à la Directrice du Musée afin qu'elle puisse résoudre ce problème d'identification.

Pour l'heure j'en suis au stade des conjectures et voici l'analyse que je propose:

Il s'agit d'un modèle de 1938-1939, très probablement le tout premier de la série.

En 1942, à la suite de l'assassinat de Heydrich, qui circulait sans escorte à bord d'une Mercédès découverte et non blindée, il est décidé de doter les hautes personnalités de véhicules leur assurant la sécurité maximale : c'est le plan "Aktion P" ( P pour Panzerte soit blindage).

La 770 qui nous intéresse est alors recarossée pour être blindée, ce qui explique que le numéro de carrosserie soit différent. De même, on note la présence de trois charnières de porte contre deux habituellement, ce qui indique un blindage de niveau 2 (alors que la voiture du Musée canadien de la guerre ne dispose que de deux charnières soit un blindage de niveau 1).

Elle gagne au passage des buses de dégivrage extérieures à la base du pare-brise (dégivrage par l'intérieur impossible en raison de l'épaisseur des vitres = 40 à 45 mm)

Pourquoi aucune photo de la voiture en situation?

Sur ce point, je vais jeter un pavé dans la mare...

Je me suis fait berner par deux photos que j'ai à premier abord pensé d'époque, sauf que la tenue vestimentaire des curieux qui observent la voiture fait plutôt penser aux années 50. Il aurait été tout à fait plausible d'imaginer également, que les toutes premières w150 reprennent le pare-choc de la série W07 (1930-1938). Enfin, sachant que le système d'immatriculation en vigueur à l'époque était attaché au propriétaire et non à la voiture, il était tout à fait imaginable que l'on ait transféré les plaques de la w24 à la w150. Néanmoins, dès le départ, j'ai eu un doute provenant de l'aspect de la plaque d'immatriculation de la voiture exposée au Musée.

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IA-103708 origine

Puis j'ai revisionné la vidéo dans laquelle René Grandjean raconte l'arrivée de la 770 dans son atelier. Cet entretien est illustré par une vidéo INA des années 50/60 dans laquelle on peut bien voir le pare-chocs bilame et la plaque d'immatriculation en IA-103708 (voir ici : https://youtu.be/_ipDzqVB5AE?t=57s)

Puis j'ai repris l'observation de la 770 de Rochetaillée et notamment de son pare-chocs monolame à protection en caoutchouc, constatant l'absence de bananes verticales de fixation entre le pare-chocs et l'aile avant et que l'on retrouve pourtant sur toutes les autres w150.

Quant à l'article de R. Bouchardon cité plus haut (Cinq tonnes d'acier pour un dictateur), il évoque de menues réparations et notamment le remplacement du pare-choc avant disparu.

Tout est devenu plus clair et pour comprendre, il faut remonter le temps encore une fois...

Fin avril-début mai 1945, les alliés investissent la Haute Bavière et les environs de la frontière austro-allemande. Ils découvrent beaucoup de matériel roulant dont nombre de voitures dont plusieurs 770. L'une d'entre elles est celle aujourd'hui à Rochetaillée. Quoi de plus naturel que de la réparer et de la rendre présentable pour l'offir au Général Leclerc vénéré de ses hommes. Et puisque le pare-chocs est abimé ou a disparu, il y a tout autour une magnifique banque d'organes...dont la w24 et son magnifique pare-chocs bilame. Qu'importe le numéro d'immatriculation, il n'a plus d'importance!  La belle retrouvera ultérieurement un pare-chocs semblable à l'origine mais les conditions dans lesquelle s'opéra la substitution me sont pour l'heure inconnues.

Et l'on en arrive tout naturellement à l'immatriculation, car ce tour de passe-passe autour du pare-chocs a eu les conséquences que l'on devine pour identifier formellement le véhicule comme étant l'un de ceux utilisé par Hitler.

Comme je l'ai déjà écrit, j'avais les plus sérieux doutes sur l'authenticité de l'immatriculation de la voiture du Musée, en particulier à cause de l'absence totale d'iconographie montrant une w150 immatriculée ainsi et avec Hitler à bord. C'était tout bonnement impossible tant l'imagerie est riche en la matière.

On n'imagine pas non plus qu'une si couteuse voiture, qui plus est dôtée d'un blindage d'un tel niveau, ait pu servir aux seules promenades champêtres du Führer.

Un autre doute venait de l'aspect de la plaque d'immatriculation à l'avant, de son positionnement en dessous du pare-chocs et non en dessus, et enfin du fait qu'à l'arrière, le numéro est peint directement sur la carrosserie. Toutes les w150 disposaient d'un solide support de plaque sur fond blanc à l'avant et à l'arrière, les numéros étaient frappés et enrelief sur une plaque qui venait se visser sur le support, donnant au tout un aspect soigné et conforme au standing de la voiture.

Enfin, il faut savoir que toutes les  770 de la Chancellerie étaient immatriculées en IA-148 XXX. Or celle-ci est en IA-103 XXX évoque une période antérieure à 1938.

A mon sens la voiture du Musée porte un numéro érroné mais...c'est là que les archives cinématographiques viennent à notre rescousse et tout particulièrement les Deutsche Wochenschau n°548 du 5 mars 1941. Regardons attentivement les 30 premières secondes...

 

Nous sommes à Munich, donc non loin de l'Obersalzberg et le Führer descend d'une 770 immatriculée IA-148 655 (148 correspondant à la Chancellerie). Elle dispose bien d'un pare-chocs monolame à bandes caoutchouc, mais pas des bananes verticales de renfort. Comme la voiture de Rochetaillée. Seule différence notable : l'absence de barre centrale porte-phare et la présence d'un Notek. Et commme la barre porte-phare n'a été vue sur aucune 770 mais plutôt sur des 540, on peut penser que lors de l'échange de pare-chocs on a repris et ce dernier et le phare central de la fameuse w24...

Une autre photo d'époque pourrait militer en faveur de cette hypothèse

 

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Néanmoins, cette hypothèse n'est pas totalement satisfaisante!

D'où une deuxième hypothèse, qui voudrait que ce soit l'une des toutes premières 770 livrées à la Chancellerie comme celle-ci qui figure ci-dessous:

 

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En effet, il s'agit bien d'une W150 mais sa ligne est désuéte et peu élégante. La mise en configuration Aktion P lui aurait apportée une carrosserie modernisée. D'autre part, le Führer a été vu à bord sous le matricule IA-148768. Cette dernière existe toujours, au main d'un collectionneur russe mais on sait qu'au moins deux exemplaires identiques ont été construits. D'autre part, on note la présence d'une barre portant un phare central...

 

Affaire à suivre donc

 

 

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It is through France that begins this world tour of 770 survivors. And more specifically by the Museum Henri Malartre in Rochetaillée sur Saône, near Lyon, where since 1969 is facing a Offener Tourenwagen seized by the Leclerc division Berstechgaden in May 1945.

I must apologize prior to readers: This article is my opinion that one can do worse in the genre! I have only meager information, anecdotes and some photos. Because with the lack of rigor that characterizes to us French, nobody has retained any recollection of the capture of the car (exactly the opposite of our American and Canadian friends, who for their part have rigorously traces the route 770 brought across the Atlantic). My credibility takes a hit at the same time.

This car has a story ... that we know only very partially and try to find out is more a treasure hunt. Along these lines you will understand why under its innocuous appearance (for a 770!), Some little mysteries remain to be elucidated.

The history of the car Rochetaillée begins with history, and even the great history ...

March 1, 1941. Taking Kufra, an oasis in the Libyan desert, the 2nd Armored Division of the one who is still only Colonel Leclerc has won the first French victory since the 1940 disaster With his men, who joined as he General de Gaulle after the invasion of France by the Wehrmacht, he vowed not to disarm before the french flag flies over Strasbourg.

This will be done and after the operations, in early March 1945, the 2nd DB is sent to rest in the area of Chateauroux. The Red Army reached the Oder. Three weeks ago, in Yalta, the political future of Europe took shape without France. It becomes clear that the Allies must move quickly to the east of the Rhine if they want to balance the political divisions in preparation. The rest of the division is quickly perceived as a penance, and Leclerc tirelessly involved at all levels to be sent to Germany.

The order arrived as expected on 22 April. If starting May 2, the Russians have become masters of this symbolic place that is Berlin, Leckerc and his men manage the feat of entering Forty eight hours later, in that other place that is symbolic Berstechgaden. On 5 May 1945, the French colors were hoisted on top of Mount Kehlstein.

We finally known about the conditions of entry of this 770. If not this short report FR3 Lorraine in which, formerly of the 2nd DB, René Grandjean, evokes the arrival of the car and repairs he had to do to get it going again ...

It is also known that Leclerc donated the car to the US general commanding the neighboring sector and the latter left him to Paris in a garage of the Boulevard de Reims before returning to the United States. Bought by a veteran of the 2nd Armored, the 770 continued his career at exhibitions for the benefit of veterans and victims of war until 1969 and its entry in Rochetaillée Museum.
On the following photograph, one can observe that the exhibition material is suspended in Dutch because the 770 was shown in Belgium and the Netherlands.

Postcards were published "in favor of social work and charity" The picture seems retouched because firstly, exit three additional headlights, second registration number seems to have been drawn, and finally the presence apparent top compass, indicate that it has used the photo of another model of the same type, but in coupe F.

Some adventures during the car presentations. In Amsterdam, a visitor grabbed a swastika flags. Continued, the thief had no other resources than diving into the waters of the harbor where the flag disappeared. Elsewhere, the tire valves disappearing, so a relief valve stock followed the car. All  who hold an accessory designed for the car of Hitler were for their expenses! Finally, when the exhibition was  not far from the German border, they are curious hordes which landed across the Rhine.

Anecdote although this article in a local newspaper in 1952: "The armored car of Hitler exhibited at the fair in Saint-Pol-sur-Ternoise" The magnificent armored car of Hitler who once spread terror in its wake became an object of curiosity. After being used by General Leclerc during the campaigns of Germany and Austria, it now goes from town to town
With A.C.P.G. and their president, Mr. Charles RULENCE Hitler armored car will be Saturday (15 March) in Saint-Pol where fair visitors can admire and visit while filling the fund of aid organizations CAGP This car, 6 meters long and 2 meters 14 wide, weighs 4 tons 700: it is powered by an 8-cylinder engine with turbocharger, which can develop up to 400 hp. Very luxurious, it is further reinforced by plates of 18 mm. Its ice is formed of 7 sheets of glass 47 mm, perfectly safe from bullets. The doors, weighing 500 kg each, are electrically controlled using a button on the dashboard. The headquarters of Hitler is raised 15 cm, because the dictator was small, but did not want to show.
Let us add that this car will be presented on the site of the former Palace of Justice (Place Georges-Graux today), that is to say in front of the new station, and remember, the benefit of A.C.P.G.


Henri Malartre had seen the Mercedes for the first time in Lyon, in the 1950s The vehicle was on the bed of a truck on which the organizers stretched a tarp to shelter the fans. The founder of the automobile museum has from that time, wanted this vehicle appears in his collection. But aware of the difficulty to get it, he could not but admire the postcard he had bought at the exhibition. It is only a decade later, Henry Malartre learn that the car was not "exhibited" and that it was parked at a former prisoner of war in the Paris suburbs. The man did enlarge his house. After heated discussions and especially a very tidy sum of money, the squire won the market. Thus Hitler's parade car came to the museum of Rochetaillée, June 26, 1969 along with the exposure matérial (this time written in French)

It will come out briefly for a test.

In the 375 number of the Auto-newspaper, the journalist Didier Charvet who had that privilege, gives his impressions of driving the car that the museum had the pleasure to try. "It is very good at the wheel but we confess that we were dreading the reactions of this monster of nearly five tons Initially, we are a bit disappointed. The car seems to lack power However, we appreciate the sweetness of. clutch and perfect handling of the gearbox. All reports are going fingertips.

After ten kilometers, warm engine, forgotten fears. We really do know that Mercedes. If we feel no particular impression of power, one quickly realizes, compared to other cars, that acceleration is actually brilliant. We forget that the equipment is shielded. We are not mounted to more than 130 since the age of the original tires we forbade and the compressor is practically not working. However, our tests have allowed us to get an idea of the effect that one must feel when the car jumped over 200 per hour!

We have borrowed small winding roads and that's where our surprise was the greatest. The weight did not matter and that monster of six meters, is handled as easily as Renault Dauphine!

The comfort is exceptional. The fund does absolutely not move, and it really be very bad cobblestones to feel the vibrations. Consumption is also amazing ... more than 50 liters per 100 ... the relatively low outside temperature, allowed us to enjoy a heating efficiency of a rare ... "

In the end, Didier Charvet, nearly forty years later, delivered exactly the same conclusions as those of the British magazine "The Motor" in May 1939! What blush S Class 2016 bristling with electronic ...

Just in the small mysteries of Rochetaillée 770 ...

To you it was used by the Führer?

Most likely though I do has very little tangible items. The presence of a front seat raised 12 centimeters and fold the hand grip at the top of the windshield, are characteristic of the car that was used by the Führer (which was invariably seated in the front right). Magnet Do not make mere assertions truth, I prefer to say "we can reasonably think that this 770 was one of the vehicles used by Adolf Hitler"

The other element that intrigues me is that there is to my knowledge, no photograph of the car in position (ie with Hitler on board). While many photographs are supposed to reproduce this car at official events, and even the registration number is the same, the car is different. Indeed, the same number could be reassigned to after a change of vehicle.

Here aileurs false-true AI-103708, a 540K-type W24, photographed in Breslau in 1936. Now the car Rochetaillée is a 770k-type W150 and therefore subsequent to 1938.Model 1938 or Model 1942?

The Director of the museum has kindly sent me some information

    
the car museum carries the engine number 189 789 corresponding to the command 297 465 of 22 July 1938 it was delivered to the Chancellery of the Reich in the summer of 1939 and bore the body number 849 503 according to the records of the brand

    
gold, the same car has a different body number, 863 802 corresponding to the command 399 777

    
the chassis number have disappeared (at least the corresponding plate on the firewall)

I contacted the manufacturer who kindly answered me he gave no information outside the legal owner of the vehicle; I forwarded this information and the coordinates of the resource person to the Director of the Museum so that it can solve this problem of identification.

For now I am at the stage of conjecture and here's the analysis I propose:

This is a 1938-1939 model, probably the first of the series.

In 1942, following the assassination of Heydrich, who was traveling without escort aboard a Mercedes discovery and unshielded, it was decided to equip dignitaries vehicles ensuring maximum safety: the map " Aktion P "(P for Panzerte or shield).

770 of interest is then recarossée to be shielded, which explains that the body number is different. Similarly, we note the presence of three door hinges against two usually, indicating a level of shielding 2 (as the car of the Canadian War Museum has only two hinges a level 1 shield).

She won, crossing the external defroster vents at the base of the windshield (defrost inside impossible due to the thickness of glass = 40 to 45 mm)

Why no picture of the car situation?

On this point, I'll throw a stone into the pond ...

I got fooled by two pictures I thought at first period, except the curious dress who observe the car is more like the 50s would have been quite possible to imagine also, that the very first W150 resume the bumper of the W07 series (1930-1938). Finally, knowing that the registration system in force at the time was attached to the owner, not the car, it was quite conceivable that we have transferred the plates of w24 to the W150. However, from the start, I had a doubt from the aspect of the number plate of the car in the museum.

Then I reviewed the video in which René Grandjean says the arrival of the 770 in his studio. This interview is illustrated by a video INA 50/60 years in which we may well see the bimetal bumper and the license plate AI-103708 (see here: https://youtu.be/_ipDzqVB5AE?t= 57s

Then I took the observation of 770 Rochetaillée and especially its single blade bumper rubber protection, noting the absence of vertical banana attachment between the bumper and the front wing and we yet found on any other W150.

The article by R. Bouchardon quoted above (Five tons of steel for a dictator), ended my doubts. It evokes minor repairs including replacing the front bumper missing.

Everything became clearer and to understand, we must go back in time again ...

Late April-early May 1945, the Allies and invest Upper Bavaria near the Austrian-German border. They discover a lot of rolling stock whose number of cars including several 770. One of them is that today in Rochetaillée. What more natural than to repair it and make it presentable for offir Revered General Leclerc of his men. And since the bumper is damaged or missing, there are around a magnificent organ bank ... whose w24 and beautiful bimetal bumper. Whatever the registration number, it does not matter! The beautiful later find a cause like bumper but the conditions to opera lesquelle substitution are for me unknown time.

And we naturally come to registration, because this sleight of passes around the bumper had consequences that can be guessed to positively identify the vehicle as one of those used by Hitler.

As I already wrote, I had very serious doubts about the authenticity of the registration of the car museum, especially because of the total absence of iconography showing W150 and registered with Hitler edge. It was simply impossible as the imagery is rich in the matter.

We can not imagine either that such a costly car, which has a more shielding of such a level could serve only to country walks Führer.

Another question came from the appearance of the license plate on the front, positioning below the bumper and not on top, and finally the fact that at the back, the number is painted directly on the bodywork. All W150 had a solid white background on plate holder at the front and rear, the numbers were struck and enrelief on plaquen who had screwed to the support, giving the whole a neat look and conforms to luxury car.

Finally, be aware that all 770 of the Chancellery were registered in IA-148 XXX. Now it is in AI-103 XXX evokes a period prior to 1938.

To me the car door of the Museum the Wrong number ... but that's where the film archives come to our rescue and especially the Deutsche Wochenschau No. 548 of March 5, 1941. Look closely at the first 30 seconds ...We are in Munich, so close to the Obersalzberg and the Führer comes from a registered 770 IA-148 655 (148 corresponding to Reichskanzlei). It has many a bumper-strip rubber bands but not banana vertical reinforcement. As the car Rochetaillée. One notable difference: the absence of central headlight carrier bar and the presence of a Notek. Commme and the headlight carrier bar has been seen on any 770 but on the 540, it is likely that during the exchange of bumper was taken and the latter and the central flagship of the famous w24 .. .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

 

 

 

 

 

 

 

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